Tivaouane : le pas de géant de l’hôpital Mame Abdou, pour tourner la page du 25 mai 2022

Tivaouane, le 15 nov (APS) – L’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh  de Tivaouane a fait, en peu de temps, un grand pas dans l’amélioration de son plateau technique, pour tourner la page du tragique  incendie qui avait emporté, le 25 mai 2022, 11 bébés dans son service de néonatologie, a indiqué sa directrice, Bineta Diop Badiane.

L’hôpital  Abdou Aziz Sy  Dabakh, principal établissement sanitaire de la cité religieuse de Tivaouane, s’est beaucoup agrandi et  s’est renforcé, tant en termes d’équipement qu’en terme de ressources humaines, a a-t-elle souligné à l’APS.

Aujourd’hui, la structure sanitaire  dispose de toutes les spécialités, à l’exception de la neurochirurgie et de la psychiatrie, renseigne la responsable. Cette transformation positive, dit-elle, est le résultat de l’accompagnement du ministère de la Santé et de l’Action sociale, mais aussi et surtout de  l’engagement du personnel.

“Si l’hôpital  Abdou Aziz Sy Dabakh a pu faire ces pas de géant pour quitter A et aller presque taquiner Y, c’est la vision de la directrice que je suis qui est matérialisée par  la qualité des ressources humaines », a  dit Mme Badiane.

La qualité des ressources humaines “s’est beaucoup bonifiée, avec l’arrivée de pas  mal de spécialistes qui ont trouvé ici d’autres  spécialistes », ajoute l’administratrice de l’établissement. “Ensemble, ils ont collaboré et travaillent étroitement encore pour améliorer la qualité des soins. »*

Au laboratoire de l’hôpital, par exemple,  un personnel “dévoué et entièrement au service des patients, fait preuve d’un professionnalisme reconnu de tous », en assurant chaque jour un service de qualité, qu’il s’agisse de bilan médical  ou d’analyses.

Un regain d’affluence

L’Université Iba Der Thiam de Thiès contribue aussi à cette montée en puissance de l’hôpital Mame Abdou, en y envoyant des étudiants, des professeurs agrégés, qui accompagnent la direction de la structure dans l’accomplissement de sa mission de santé publique, relève le management de la structure sanitaire.

L’un des premiers effets de cette mutation en cours est le retour de la confiance chez les patients qui sont de plus en plus nombreux à fréquenter le centre hospitalier. “ C’est la qualité des services qui détermine l’engouement des populations et des patients comme moi. Je suis un habitué des lieux, mais je dois affirmer que les patients qui vont encore à Dakar, méconnaissent les avancées fulgurantes de l’hôpital Abdou Aziz Dabakh », témoigne Ibrahim Kane, un fonctionnaire qui habite non loin du village de Mbétète.

“Toutes mes analyses, je les fais ici, et les résultats sont disponibles, 24 heures après les prélèvements. Parfois, ils me disent  d’attendre quelques heures pour me libérer », confie-t-il.

Au moment de son érection en établissement public de santé numéro 1 (EPS 1), l’ancien centre de santé Mame Abdou Aziz Sy Dabakh ne comptait que sur sept médecins, avec un service des urgences, des services de médecine, de neurologie, de chirurgie viscérale et d’urologie. A l’époque, il n’y avait qu’une table radio et un laboratoire qui ne faisait que des bilans de base.

En 2013, l’hôpital ne faisait que 5 000 analyses dans l’année. A l’heure actuelle, il est déjà à 100 000 au mois de novembre. Ce qui signifie une charge de travail multipliée par 20, fait remarquer le pharmacien commandant Mouhamadou Sakho, qui apprécie ce résultat “important ».

“lci, nous faisons tout pour que  la demande qui est formulée par les patients puisse trouver une oreille attentive », déclare le médecin militaire.  “L’hôpital  a maintenant des spécialistes en gastro-entérologie, sans éluder une des priorités de la  politique de  l’État, qui est vraiment la santé maternelle », poursuit-il.

L’autre illustration de la transformation de l’hôpital de Tivaouane, est le service des urgences qui s’est beaucoup étoffé, avec d’autres spécialités médicales, comme la cardiologie, alors qu’il n’avait qu’un seul médecin en 2013.

L’hôpital est passé d’un seul cardiologue prestataire, à trois cardiologues.  En médecine interne, notamment en gastro-entérologie qui s’occupe de foie, des maladies infectieuses comme les hépatites, un service des maladies infectieuses a été ouvert. Un compartiment très sollicité durant la crise sanitaire liée au Covid-19.

S’y ajoutent un service de neurologie pour  traiter les affections des nerfs  et les cas d’ accident  vasculaire cérébral (AVC), mais aussi un service de pneumologie. Selon le commandant Mouhamadou Sakho, il “est très rare » de retrouver toutes ces spécialités dans une même structure hospitalière au Sénégal.

Le département de chirurgie où il n’y avait que la chirurgie générale, à savoir la chirurgie viscérale et l’urologie au début, a accueilli la chirurgie pédiatrique, sans oublier  l’ORL et l’orthopédie, une spécialité-phare  dans une zone accidentogène comme Tivaouane.

Rôle important dans la prise en charge des accidentés de la route

Implanté à Tivaouane, non loin d’autres villes religieuses  comme Ndiassane et Pire, qui abritent chaque année de grands évènements religieux rassemblant des milliers de personnes, l’hôpital Abdou Aziz Sy Dabakh  joue un rôle important dans la prise en charge sanitaire des accidentés de la route lors de ces mouvements de foule.

Suite à l’amélioration de son plateau technique, la structure sanitaire reçoit des malades qui lui viennent des lointaines contrées du Cayor, mais aussi de Louga et Kébémer.

“Ces patients retrouvent ici ce qu’ils ne voient pas ailleurs. Nous faisons  tout pour les encourager à revenir avec un traitement adéquat“, soutient le chef du service  du laboratoire de l’hôpital Abdou Aziz Sy Dabakh.

“Nous nous battons aussi pour qu’ils obtiennent leurs résultats dans les 24 heures »,  poursuit Mouhamadou Sakho, qui se réjouit de l’écoute attentive dont il bénéficie de la part de la directrice de cette structure hospitalière, qui vit aujourd’hui un envol fulgurant.

La réception prévue le mois prochain d’un hôpital de niveau 3 en construction à la sortie de Tivaouane, devrait contribuer à améliorer considérablement la carte sanitaire de la région et plus particulièrement du département, ainsi que l’offre de soins proposée aux populations.

Les travaux de ce nouvel hôpital avaient été lancés le 25 juin par le chef de l’Etat Macky Sall, suite au drame des 11 nouveau-nés qui avaient trouvé la mort dans un incendie au service de néonatologie de l’hôpital Mame Abdou, suscitant l’émoi à travers le pays. Le chantier devrait durer 18 mois.

Source: aps.sn

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Résoudre : *
2 × 11 =