• Les Muqaddams de Maodo

Serigne Bra Gaye de Nayobé

C’est un homme des plus impressionnants. L’héritage de Serigne Bra Gaye, né dans le Ndiambour (Louga) en 1847, est lourd de symboles. Il est tout aussi rempli de hauts faits. Fils d’un résistant colonial réputé de la province de Niomré, Serigne Bra Gaye a moissonné courage et dignité dans la cour de son père au même titre qu’il a très tôt mémorisé le Coran et la sagesse islamique, trésors de famille sur des générations.

Digne héritier de son père, pétri de connaissances et de sagesse, Serigne Bra Gaye ne tarda pas à gagner le respect de son entourage. Il est ensuite le bras droit du patriarche et mène les affaires socioreligieuses dans un moment crucial pendant que les colons le surveillaient, désormais, de près.

A Saint-Louis, il est convoqué par l’administration coloniale en même temps que Cheikh Seydi El hadji Malick Sy. Un moment assez important qui renforça les liens qui, déjà, les unissaient depuis Ndiarndé, fief du guide. En ce moment, Bra Gaye, riche héritier, offrait généreusement des vivres à la multitude de fidèles, venus faire leurs armes auprès de Maodo. Ainsi, une solidarité et une affection sans faille avait fini par lier les deux hommes. Ayant reçu le Wird et le Lidjaza, il est investi lieutenant d’abord dans son fief de Niomré puis à Nayobé ou il a fini par se faire une grande réputation.

Devenu une personnalité de premier rang dans l’entourage du Cheikh, l’homme de Nayobé, fidèle à son legs, mène, avec courage, la propagande des enseignements de Maodo. Dans un autre registre, il offrait ses grosses parts de récoltes à la famille d’El hadji Malick Sy de même qu’aux populations. Fervent adepte de la Tarikha et homme délicat, l’on raconte que Serigne Bra Gaye ne se déplaçait plus sans ses chants de Zikr dont les mélodies étaient, solennellement, composées par des compagnons de plus en plus nombreux et surtout admiratifs d’un homme élégant et tout aussi raffiné. En ce temps-là, son charisme était rarement égalé. Il fut aimé et respecté par les blancs. Tout comme les dignitaires indigènes qui lui vouaient une grande estime. Aussi, il y compta de nombreux amis à travers tout le Sénégal.

Après la disparition du maitre, il se ressourçait, régulièrement, à Tivaoune. Sa relation avec le khalifat ne s’en portait que mieux. Serigne Babacar Sy, à l’image de Maodo, lui voua une affection et une estime à la hauteur de son dévouement et de sa loyauté. Plus tard, en 1928, il construit une mosquée dans son fief puis entreprit le pèlerinage à la Mecque. Il mourut en 1952 à l’âge de cent cinq ans laissant l’héritage de la Tarikha à son fils ainé Serigne Amadou Gaye. Aujourd’hui, à Nayobé, son legs est plus que jamais présent à travers un gamou (célébration) annuel auquel sont conviés des milliers de fidèles.

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MAME GOOR SANE NIANG

DJOLOF (1842-1925)

L’homme de Dieu est né à Hafé. Village situé au sud du Djolof, à 9 km de kafrine, Il fut un représentant de Maodo, installé dans la localité de Nguet où il y demeurera près de vingt ans.

Sa mère s’appelait Sokhna Sané Ndiaye et son père, Serigne Bara Xudia connu également sous le nom de Modu Niang.  Ses parents seraient originaires de la Guinée Conakry ou de la Casamance, dans la région de Gabou d’après certaines sources proches de son entourage familial. Et le nom de famille Sané auquel le marabout de Nguet porte est source de divergence dans son interprétation et serait peut-être la déformation de Diané. Sa date de naissance aurait été située en 1842 à Hafé Djolof selon ses proches, si on tient compte bien évidemment de l’année de sa disparition survenue en 1925, à l’âge de 83 ans.

Il fit ses études auprès de son père Serigne Bara Xudia Niang qui lui a appris le coran et plus tard, les sciences islamiques comme le précieux livre du droit musulman ou fiqh.

Mame Goor Sané devient dès lors un spécialiste dans ce domaine et alla créer des daaras à Mboss, à Taîba et à Ngueth. Des villages qu’il a fondés pour diffuser la science et  y installer ses proches. Il fonda aussi Thyel mais était resté à Nguet.  C’est ainsi qu’il tente sa toute première expérience agricole. Un moyen de subsistance indispensable dans tous les foyers.   

A Hafé même où il a vu le jour, Mame Goor Sané avait mis à la disposition de sa famille, un vaste champ de mil qu’il récoltait et dont la moisson était convoyée également par train pour le compte de son guide, Al Hadji Malick Sy en retraite à Njarndé.  Sa bravoure, son engagement et sa disponibilité ne passaient pas inaperçu aux yeux de ses pairs. Et à ce titre, Maodo disait un jour à ses talibés qui éprouvaient d’énormes difficultés à faire jaillir l’eau du fameux puits de Ndjarndé :

« Goor rekk mën a bëttub teen wile. »

Il n’y a que Goor qui peut faire jaillir l’eau de ce puits

Occupant une place de choix dans la cour du maitre de Tivaouane, l’homme de Nguet allait épouser Sokhna Aida SY, une fille de Maodo. Le cheikh, à la suite d’un entretien, avait également loué les mérites de son protégé-disciple en lançant  ceci: « Làmp buy leeral, du fara teggi… » ou, selon d’autres témoignages, « Làmp, dafay jege nit ni » Comprenez ! Ta science est indispensable à la formation des jeunes de cette cour. En 1902, il reçut l’ordre de célébrer le Mawlid dans son fief à Nguét après qu’il eut reçu du Cheikh ses plus vifs compliments. 

En 1922, après la disparition de Maodo, il quitta son fief de Nguét, pour se rendre à Tivaouane  avec son épouse (fille de Maodo)  en signe de compassion. Un long séjour d’un mois à côté du nouveau khalife Serigne Ababacar SY avant de repartir à Nguét.

C’est en 1925 qu’il rendit l’âme. Son fidèle ami Al Hadji Daouda Dia hérita de lui son épouse.  Un acte de fidélité qui illustre bien les liens de solidarités et les rapports d’amitiés qui existaient entre ces deux sages.

Mame Goor Sané devait tout à l’homme de Mbeuleukhé qu’il avait choisi comme un de ses confidents les plus sûrs. Et comme disait un de ses proches : « Joxoon na ko cër ak boppam ». Autrement dit, il s’était confié à lui avec tous les grands égards. Qu’Allah loue ses œuvres, Amine !

Tirés du Livre : ETU MAODO Pape Amadou Sall

SERIGNE ABDOUL HAMID KANE

KAOLACK 18..? -1932

Né à Saint-Louis du Sénégal et fils du grand érudit Thierno Samba Abdou Kane du Fouta, Abdou Kane de son vrai nom Abdel Hamid était un grand dignitaire religieux Tijane du 19 siècle.

Son père était un éminent disciple du célèbre Djihadiste Toucouleur Al Foutiyu Tall, qui l’avait investi Imam ratib à la grande mosquée de st-louis. Selon les témoignages d’El Hadji Alassane Djigo de la famille du vénéré guide Thierno Elimane Boubacar Kane de Dimar au Fouta, Hamid était un contemporain de Cheikh Seydil Hadji Malick Sy et certains spécialistes des deux familles iront même plus loin en établissant des liens de parenté entre les Kane-Kane de Kaolack et ceux de Dimar. Le jeune Hamid donc fit ses humanités auprès de son père. Il fut initié à la planche sacrée et mémorisa le livre saint du Coran. Quelques années plus tard, il sera affecté chez le grand professeur Ahmed Ndiaye Mabéye qui le mit au courant de certaines sciences et pratiques religieuses pures et fut vacciné dans divers domaines du savoir. A Rufisque, il eut aussi à côtoyer Serigne Mody Ndiaye d’après les témoignages de son fils AL Hadji Adama Kane actuel Khalif à Kaolack. Il visita aussi le grand érudit de Banere et reçut de lui l’ordre d’aller à la découverte d’un érudit nommé Maodo Malick pour son Wassila.

Cet enfant du fleuve installé un peu plus tard au Saalum fut considéré dans son fief comme l’un des plus savants marabouts de la confrérie Tijane. Par ailleurs, Abd’el Hamid Kane faisait la fierté de tout le Gandiole et localités environnantes grâce à ses connaissances théologiques peu communes, que l’érudit semblait prôner  lui-même. Mais dans la forêt sacrée s’était dissimulé un sage lion obstrué par son humilité : Je veux nommer Malik Fawade Wellé, kenu Diné . Il fit connaissance avec son futur disciple à Pout par l’intermédiaire d’un riche commerçant du village nommé Souleyman. Cet entretien fort enrichissant avait définitivement lié les deux hommes qui ne se quittèrent plus jamais. Hamid, fasciné par l’exactitude de la science du Cheikh, de son irrésistible savoir ainsi que par sa vaste audience mais aussi inspiré par l’éthique religieux instauré par le marabout de Tivaouane dans la société, suivit ses traces et véhicula cet enseignement idéal à valeur d’orientation.

Ayant mis sa botte au service de Maodo, le talentueux fils du grand Aleem Samba Abdou Kane devint ainsi l’un des cinq premiers lieutenants du Cheikh à avoir été investi Moukhadem à travers le Sénégal, précisément à Kaolack  où il assumait une mission

Les Lidjazas qu’il reçut tour à tour des mains de l’éminente figure spirituelle Tidjane Ahmed Soukharedj de la Mauritanie et de son maître Cheikh Seydil Hadji Malick Sy de Tivaouane nous font découvrir les sommités d’érudition qu’il commençait à atteindre et ses mérites. Il incarna l’image du Cheikh dans sa zone d’influence à Kaolack en faisant prévaloir sa haute philosophie religieuse et sa conception : une mission qui consistait  à véhiculer les idées du maître, à éveiller la conscience des populations,  à les initier au Wird Tidjane et à édifier des mosquées. Très influent dans son fief du Saalum, il reçut le titre de Xaly et exerce la fonction de cadi en 1910 à Kaolack sur ordre du commandant de cercle Brocard qu’il allait considérer comme l’un des pires ennemis de l’Islam.

Tirés du Livre : ETU MAODO Pape Amadou Sall

EL H.RAWANE NGOM

1858-1954

MPAL  / GANDIOLE

Gandiole présenté comme une terre de savoir reste un lieu de vertu et de tradition fort appréciée.

Rawhane Ngom issu de cette région est sans nul doute, le lieutenant de Cheikh Seydil Hadji Malick Sy le plus en vue de sa cour, l’un des plus instruits de  son entourage, l’un des plus entreprenants dans ses activités, bref le Moukhadem le plus complet de tous les temps.

Et s’il y avait un poste à attribuer à El Hadji Rawane Ngom ce serait bien celui  de premier vizir du Cheikh.

Cet homme de Mpal, né en 1858, était d’une remarquable érudition. Son père Serigne Aly Ngom fut un homme de Baraka très célèbre dans son village de Sinthiou qu’il fonda dans le Gandiol. La  vie de son enfant entièrement sacrifiée au service du Cheikh et son engagement religieux d’une rare originalité nous ont montré le degré d’éminence de l’homme. E H Rawhane a en effet gratifié les hommes de son temps de son savoir encyclopédique, ainsi que ses superbes qualités d’érudition.

Ce trésor de vertus qui a rencontré Cheikh Seydil Hadji Malick à kër Mor Diakhaté dans le village de Niabaly  a effectué ses études coraniques à Bathiass chez Baay Mademba Dièye, un proche parent du coté maternel. Très tôt, le jeune apprenti s’illustrait de par son intelligence en parcoeurisant le contenu du livre saint, à la grande surprise de son marabout. A la mort de celui-ci , le jeune Rawhane devenu adolescent foule le village de Bara Sall où il fut mis en rapport avec le nommé érudit Mame Massogui Sall qui fut son deuxième maître sur ordre de son père Serigne Aly Ngom. Dans certains milieux parcourus, en l’occurrence le village de Mbawar, d’autres de la famille soutiennent que Mame Rawhane fut aussi un élève de Mame Abdoulaye Dieng, célébre érudit issu lui aussi de la zone. Revenu chez son père à Sinthiou pour compléter sa formation après une brillante carrière,  Al Hadji Rawhane très au courant de l’actualité religieuse devait quelques temps après rencontrer Cheikh Seydil Hadji Malick Sy à Niabaly avant d’être solidement forrmé par celui-ci au Cajoor à partir de 1895 sur le sol de  Ndjarndé, puis d’être investi grand mouhaddem à Mpal en 1904.

En 1895 quand le Cheikh s’était éloigné momentanément de ses occupations habituelles pour se recueillir à Ndjarndé, il y avait déjà Rawhane Ngom, fidèle à ses côtés et prêt à servir. Sa franche collaboration avec  le guide spirituel de Tivaouane avait justifié ses mérites au sein de la Tarikha tidjane. Il fut considéré comme la doublure incontestée du maître de Ndjarné et son rang favorable ne souffrait d’aucune contestation ni n’admettait une seule comparaison.

De nombreux cours de civisme et d’éducation morale que le Cheikh avait solidement inculqués à Rawhane avaient favorablement contribué au « Tawazun » de l’adepte.

En outre, l’homme de Mpal qui s’illustrait par son grand dévouement s’était mêlé aux différents programmes de Maodo en s’investissant énergiquement dans son champ d’action. Les séances de Wazifaa organisées quotidiennement le matin après la prière de subh et le soir après takussane suivies de l’enseignement religieux après la prière de géwé, sans oublier les traditionnelles causeries organisées par le Cheikh mais aussi les périodiques bourdes précédant la grande nuit du Maouloud donnaient une idée de l’emploi du temps démesurément surchargé de Maodo et de Rawhane ainsi que de leurs occupations.

En 1902 quand le Cheikh célébrait officiellement son premier gamou à Tivaouane, c’était El Hadji Rawhane qui éclairait les lieux par l’entremise d’une lampe à gaz qu’il allait emprunter au Toubab bi à  la gare.

Et comme programme religieux, il n’y avait pratiquement que le récital coranique qui se faisait en sourdine  et auquel le professeur AL H. Rawhane participait   en   récitant   le   xadjou  souf*,  tandis  que

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*Partie inférieure du livre composée de hizibs subdivisées en versets

Maodo, lui, se chargeait  du xadjou kaw avant de clôturer  la soirée  par des prières liturgiques. Mame Rawhane fut donc le premier fidèle compagnon de Cheikh Seydil Hadji Malick Sy à avoir fêté avec lui  le premier évènement officiel du Maouloud.

Honnête et engagé au  plus haut degré, cette fierté du Sénégal s’était forgée dans la cour de son maître et avait lui aussi formé de hauts dignitaires religieux grâce à sa  sagesse, ses vertus et l’expérience qu’il avait pu  bénéficier.

Selon certains témoignages Seydil Hadji Malick aimait souvent se faire relayer par Rawhane pour diriger la prière, se contentant  d’occuper une place dans le deuxième sapé.

Eu égard à son action émérite, le guide de Tivaouane qualifiait de gigantesque l’action de son lieutenant et affirmait que l’homme dépassait de loin ses « Mass ».

A la mort du Cheikh, Rawhane alors investi dans le Gandiole et décidé à poursuivre l’œuvre de son guide,  rendit visite au tout nouveau khalif Ababacar Sy et lui renouvela sa confiance. Leur relation fut davantage renforcée et leur collaboration, empreinte de sincérité. D’ailleurs, le khalife voyait déjà en Al Hadji Rawhane le reflet de son père et agissait en tant que fils à son égard.

Le lieutenant de Maodo avait toujours voulu manifester sa foi, ainsi que toute sa détermination à vouloir servir et faire servir. Ses mosquées splendides toisant les cieux de Mpal et de Saint-Louis furent comparées  par les plus grands poètes à des beautés lunaires.

En mission dans son fief de Mpal sur ordre du Cheikh, Mame Rawhane a réussi avec panache à véhiculer la pensée de Maodo et à l’ancrer intelligemment dans la mentalité des gens.

Ce fut alors une mission bien remplie pour cet érudit

centenaire de Gandiole disparu dans son fief d’investiture à Fass Ngom à Mpal, le13 Février 1955 à l’age de 97ans. 

Aujourd’hui Mpal est devenu un lieu de pèlerinage où convergent des milliers de fidèles à l’occasion du Gamou annuellement organisé par la famille de feu El Hadji Mame Rawhane. Une manière de rendre hommage à l’un des fils les plus illustres du pays que le Sénégal a connus et n’en connaîtra peut être plus. Son représentant actuel, Serigne Habiboulah Ngom, investi  khalif à Mpal affiche sa fidèlité à la voie tracée par l’illustre disparu, Mame Rawhane.  Chaque année un évenemment religieux de taille est organisée par la famille à la mémoire de leur guide.

Qu’Allah le conduise à la grande concession de Cheikhna Cheikh Ahmada Tidjany et Amine!

Tirés du Livre : ETU MAODO Pape Amadou Sall

TAFSIR ABDOU BIRANE CISSE

TAFSIR ABDOU BIRANE CISSE

PIRE 1862 – 1962

Aujourd’hui à entendre parler de Pire, toutes les pensées vont vers deux grandes familles religieuses ayant grandement contribué à la renommée de cette localité située au Nord de Tivaouane et distante d’une centaine de Km de Dakar.

Il s’agit de la branche  Fallène  du docteur Xaly Amar Fall et celle des Cissé-Cissé de Birane Rokhimat.

 Cette dernière personnalité connue pour ses talents d’exégéte coranique était le pére de Tafsir Abdou Birane Cissé, père de Emad Cissé Pire.

Né en 1862, Tafsir fut notoirement reconnu comme étant un grand homme de science qui maîtrisait parfaitement le livre sacré. Il récitait à merveille le contenu du livre sacré et fut, d’ailleurs, l’un des plus grands spécialistes du genre à avoir marqué sa génération dans ce domaine.

Les séances d’interprétations Coraniques organisées par son père en 1901 avant l’arrivée de Cheikh Seydil Hadj Malick Sy à Tivaouane auraient beaucoup influencé le fils. Ce fils du terroir était l’aîné des disciples de Maodo et faisait partie de la toute première génération de Moukhadems qui s’activaient âprement autour du Cheikh.

 Hâfizul Qu’uran comme l’ont été ses ascendants, Tafsir Abdou originaire de Wanar fait partie d’une famille de noblesse qui a eu un passé glorieux dans cette contrée du Saalum.  Son père Birane Rokhimat Cissé qui eut à  exercer la fonction d’imam pendant une bonne trentaine d’années dirigeait une grande école Coranique. Mais vu son âge avancé, il fit appel à un de ses cousins du nom de Djarga Saxo, père de Elimane Saxo pour lui confier la charge d’Imam et l’immense Daara qu’il tenait.

Mais si aujourd’hui, l’éminent érudit Tafsir Abdou Birane est universellement connu, c’est surtout grâce à son oncle Serigne Abdoulaye Cissé, familièrement connu sous le sobriquet de Serigne Djamal, qui l’avait introduit auprés de son ami Cheikh Seydil Hadji Malick Sy .

Et entre la fameuse sentence « bayyi ko fi »du Cheikh  et  «khanaa ma bahaleko fi» de  Serigne Djamal   rapportée par son excellence Moustapha Cissé, beaucoup de choses intéressantes se sont passées entre le guide spirituel de Tivaouane et Tafsir Abdou Cissé.  Le message était clair et bien perçu du coté du Cheikh et celui des Cissé-Cissé, et les dés donc jetés de part et d’autre . C’est sous le férule de son nouveau maître Maodo Malick Sy que le jeune protégé tenta une seconde expérience de nature spirituelle cette fois-ci . Ayant fait connaissance avec le Cheikh ,Tafsir allait trés  vite connaître un succès éclatant dans les activités qu’il menait auprès de son marabout, d’abord àTivaouane, puis dans son foyer à Pire. C’est ainsi qu’il fut initié au Wird Tidjane et se bonifia de beaucoup d’expériences. L’homme fut remarquablement distingué grâce à sa science et ses qualités d’exégéte  du Coran qu’il obtînt par hérédité de ses  parents. Sa  memoire si  prodigieuse avait démontré la vivacité d’esprit qu’il s’est forgée dans la cour des grands hommes. Et son talent d’érudit le plaça à un rang très honorable dans l’élite des saints. Tafsir était d’un  dévouement, d’une  sincérité et d’un esprit si clairvoyant qu’il avait attiré sur lui l’attention de son maître. Il fut considéré comme le pôle de son temps et sa dimension religieuse ainsi que son champ d’action demeurent grandioses .Il fut la première personnalité religieuse du pays avec Rawhane Ngom à avoir célébré en compagnie de Maodo le premier Maouloud officiel en 1902 à Tivaouane. Un an plus tard, il obtînt à sa demande l’autorisation d’organiser à son tour un tel événement chez lui à Pire et reçut la visite du Cheikh quelques temps après. D’aprés le quotididien le « Soleil » du 30 novembre 1988, Tafsir fut un homme de contact. Il était ouvert à toutes les branches de la société (religieuses et politiques) et avait tissé un faisceau de bons rapports avec la société.

Et J.M. Diouf de la  même revue parle de ses relations avec le député Blaise qui lui avait demandé un jour d’exprimer   ses doléances  pour la maison de Pire. Il poursuit que Feu Tafsir Abdou lui répondit  que seul le satisferait un lieu de culte où le Maodo pourrait effectuer ses cinq prières à chacune de ses venues à Pire.

Ce fut donc le résultat d’une longue collaboration entre les deux Cheikhs qui se visitaient mutuellement à leur grande satisfaction.

En 1962, au moment où il devait faire ses adieux après cent ans de vie bien remplie, son fils Emad Cissé Pire, déjà préparé pour la relève, succéda à son père et devint ainsi la troisième grande personnalité célébre  de la famille des Cissé-Cissé. (Voir œuvre).

Paix et Salut à leur âme. Amine !.

Tirés du Livre : ETU MAODO Pape Amadou Sall

MAME MOR KHOUDIA SY

(VERS 1855) MBIRKILANE

Il était le fils d’Ahmadou Sy, fils de Mame Demba Buna Sy et de Sokhna Maty Mbacké. Dans la foulée, sa grand-mère paternelle Sokhna Maty Mbacké n’a eu que deux enfants : son père Ahmadou Sy et Mame Ousmane Sy, père de Cheikh Al Hadji Malick Sy. En terme footballistique, on comprend pourquoi le fils de Mame Ahmadou Sy était si près du ‘‘but’’ de son frère, Maodo Malick Sy.

Et dans la cour du Cheikh à Tivaouane, figurait en bonne place ce grand lettré en  science dont les mérites ont été chantés.

L’homme était alors un pédagogue d’un tel éclat qu’il fut invité par son frère aîné et ami Maodo dans sa cour, pour l’épauler dans ses activités de formateur à la zawiya de Tivaouane. Son éminence dans la fonction de professeur qu’il exerçait, a énormément contribué à la formation coranique de son neveu Serigne Ababacar Sy, fils du Cheikh, ainsi que celle d’autres jeunes pensionnaires de cette fameuse université populaire.

Conjointement à ses activités d’enseignant,  Serigne Mor Khoudia Sy s’occupait également des champs de culture dont disposait Maodo et qui sont  situés dans le cajor. Il était son principal représentant à Keur Gaye Sèye. Paul Marty avait d’ailleurs classé par ordre, les zones de cultures dont disposait le Cheikh ainsi que ses principaux délégués dans son livre ‘Etudes sur l’islam au Sénégal’. Selon ses termes, ‘‘Le second village de culture du Cheikh est Ker Gaye seye… (au cajor). Il est dirigé par Mor Khoudia yY, son cousin. Ce marabout est très lettré’’.

Les égards dont il jouissait auprès de Maodo révèlent  le sens assez spécifique de leurs rapports qui transcendent leur fraternité. En tant que cousin, il devient également son  gendre  en  prenant  la main de sa fille, Sokhna Nafissatou Sy (Safiètou). Cette fille de Maodo et de Mame Safiètou Niang qu’il a épousée est aussi sa nièce.

Et la beauté d’un tel lien ne pouvait s’expliquer que par leur affection mutuelle en plus des attaches de sang et d’amitié très étroites qui les unissaient tous les deux. L’homme avait mérité la confiance du Cheikh en raison de sa science, de son rayonnement et de ses valeurs.

Dans son ménage, Mame Mor Khoudia Sy avait trois filles et un garçon d’après l’arbre généalogique dressé par  un des petits-fils  de Al Hadji Malick Sy*.

Ainsi donc listé par l’auteur : Sokhna Alimatou Sy, Sokhna Fat Sy, Sokhna Sariatou Sy et Serigne Moustapha Sy, connu sous le pseudonyme de ‘‘Gora Sy’’ dont  la voix mielleuse rappelle bien les souvenirs de son oncle Dabakh.

Homme de renom, Mame Mor Khoudia Sy a donc vécu sa notoriété dans l’effacement total retiré dans son fief à  Mbirkilane avec son épouse Sohhna Nafissatou Sy et ses  enfants,  après  la disparition  du  Cheikh  en  1922.

Et c’est avec une grande fierté qu’il avait dirigé la prière mortuaire de son frère et cousin, Maodo Malick Sy lors de son inhumation.

Paix à son âme, Amine !

Tirés du Livre : ETU MAODO Pape Amadou Sall

Madiama DIOP
Fils de Demba War SALL. Né en 1860, décédé en
1934 à l’âge de 84 ans. Il fut Chef de Province du Saniokhar

El Hadj Massow Binta Diol (1880-1967)
Né à Dakar, il s’établit à Tivaouane vers 1885 en qualité de traitant. Nommé Chef d’Escale de Tivaouane en 1910, il fai- sait partie de la commission municipale. Il était très influent parmi les commerçants Lébous. Il a fait deux voyages à la Mecque en 1909 et en 1925 en compagnie d’El Hadj M’bac- ké Tandiang et de Cheikh Yérim Seck. Il est l’auteur du fo- rage d’un ancien puits célèbre à Tivaouane appelé « Ciment Baol ». Il est décédé à Tivaouane à l’âge de 87 ans.

El Hadj Alpha MBAYE (1854-1958)
Né à Rufisque, il fait partie des premiers commerçants qui ont accueilli El Hadj Malick Sy à Tivaouane. Lors de la construction de la Mosquée en 1903, il aurait vendu son che- val pour offrir l’ensemble du gain pour les travaux.

N’do DOUMBIA (1864-1962)
Affecté à Tivaouane en 1912 en qualité de brigadier de police de deuxième classe, il rend sa démission le 25 Mars 1916 pour se mettre au service d’El Hadj Malick Sy. Il renonça à tous les avantages de son emploi et fut un des plus grands muezzins de la mosquée. Il aura le privilège d’être le « porte- voix » de Serigne Babacar Sy lors de la dernière prière de Tabaski célébrée le jeudi 19 Juillet 1956 à Tivaouane.

Adama Lô (1888-1966)
Instituteur, sorti de l’Ecole Normale de Saint-Louis
en 1906, il a été affecté à Tivaouane entre 1913 et
1916. Durant cette période, il assura les fonctions de
secrétaire particulier d’El Hadj Malick Sy.
Affecté à Rufisque en 1925, il sera élu tour à tour Conseiller colonial, Conseiller municipal, Conseiller général et territorial.

Samba Moussa Lô (1866-1951)
Né à saint-Louis en 1866 il vint s’établir à tivaouane vers 1900 en qualité de charpentier.
Il fait partie des figures emblématiques qui eurent la chance d’assister à l’arrivée d’El Hadji Malick à Tivaouane et de l’accueil chez le commerçant Djibril Guèye.
Après la construction de la mosquée, il en devint l’intendant tout en faisant partie du groupe de Muezzins.

TAFSIR ABOU CISSE 

El Hadji Omar Ibn Said TALL

Cheikh Hadi Tourè

IBRAHIMA NIASS TAFSIR ABOU CISSE
Né dans le village de wanar près de kaffrine dans le saloum vers 1862. Il vint s’établir à pire en 1902 où il reçut l’autorisation d’Elhadji Malick Sy de célébrer le Gamou une semaine après celui de Maodo ; il quittera ce bas monde en 1961 à l’âge de 99 ans.

EL HADJ AMADOU CISSE
A la disparition de Tafsir Abdou Cissé, il prit le khalifat nourri et abreuvé dans la source D’EL HADJI MALICK SY il a su continuer l’œuvre de son père. Il fut l’un des lecteurs patentés d’EL HADJI MALICK SY en même temps que SERIGNE MANSOUR SY. il quittera ce bas monde en 1980.

El Hadji Omar Ibn Said TALL (1794/1797 -1864)L
Ce géant de l’ histoire est né à Halwar , village situé à quelques dizaines de kilomètres en amont de Podor à une date controversée comme le seront d’autres dates marquantes de sa vie, dans un cadre dominé par une grande ferveur religieuse et un goût prononcé pour les études.
Soufi sunnite hors pair, jihadiste de premier plan, propagateur ardent de la Tidjaniya, nationaliste intransigeant, brillant érudit et écrivain de génie, il a mené une vie d’une exceptionnelle fécondité. Il mémorisa le Coran très tôt et très vite. Sa soif de connaissances et le destin hors du commun qui l’attendait le menèrent auprès des grands maîtres de la Sénégambie de l ‘époque ,du Fouta à l’Université de Pire, du Fouta Djallon aux Lieux Saints de l’Islam. Plusieurs localités se disputeront l’honneur de l’avoir accueilli.
Au Fouta -Djallon Abdoul Karim approfondit son initiation à la Tidjaniya , voie à laquelle il l’avait déjà affilié au Fouta Toro . Il cite sa chaîne initiatique dans son chef- d’œuvre Rimah consacré à la Tidjaniya.
A trente ans il se mit en route pour La Mecque, son voyage dura une vingtaine d’années. C’est à la station d’Abraham qu’il rencontra celui qui en fera un Khalife de Cheikh Tidjane sur l’ordre du prophète Mohamed , changeant du même coup son destin et celui du Soudan occidental : le chérif Mohamed El Ghali, grand disciple du fondateur de la voie . Il l’initia plus profondément encore aux arcanes de la Tidjaniya. Il visita la Syrie, se rendit à Jérusalem où il dirigea une prière à la mosquée Al Aqsa. Il retourna à la Mecque pour son troisième pèlerinage, on était en 1829. Son cheikh le libéra, il passa par Le Caire où l’attendait une partie de sa famille, des joutes oratoires l’opposèrent aux Oulémas de la célèbre Université Al Azhar, il y aurait étonné les savants par ses connaissances relatives au Coran, au droit et à littérature arabe, à la mystique…
Sur le chemin du retour, entre autres étapes, celle de Sokoto. Il y resta sept ans auprès du souverain Mohamed Bello, fils d’Ousmane dan Fodio. De là le Macina, Kangaba, le Fouta Djallon , Djegunko l’accueillirent tour à tour tantôt avec enthousiasme tantôt avec froideur et jalousie. Il eut le temps de terminer le manuscrit de Rimah entamé auparavant au Sokoto. Il s’ébranla en direction de Halwar. Il fut reçu à Donaye, en 1846 par Caille, représentant de la France. Littéralement fasciné par El Hadj Omar, il lui remit des cadeaux au nom de la France. Il les accepta mais révéla sa volonté d’islamiser toute l’Afrique noire, et sa détermination à s’opposer à toute forme d’hégémonie. Il informa les notables et les populations de son projet de Jihad et attira de nombreuses adhésions dans toutes les couches de la société extrêmement hiérarchisée du Fouta. C’est de cette époque que datent les affiliations de Alpha Mayoro WELLE et de Mamadou DIALLO qui affilièrent à leur tour respectivement à la Tidjaniya El Hadji Malick SY et El Hadji Abdoulaye NIASSE. Il s’installa à Djegunko , première zaouïa Tidjaniya d’Afrique noire où la vie allait être marquée par l’étude du Coran et des sciences islamiques et par des exercices militaires. De 1849 à 1851, El Hadji Omar nourrira les corps et les esprits de ses disciples, tout en fortifiant leurs âmes.
A la suite de nombreuses campagnes contre des souverains païens et musulmans qui préférèrent s’allier à des rois animistes, il édifia un puissant Etat théorique. Ce que ne pouvait tolérer les Français avec lesquelles il eut de nombreuses frictions. Maître de Hamdallahi, capitale du Macina, il y fut assiégé par une coalition macino tombouctienne. Le siège dura neuf mois, de Mai 1863 à Février 1864 ,il put mettre fin au siège et se dirigea vers le pays dogon. Rejoints par les armées ségoviennes, maciniennes et tombouctiennes , les omariens se défendirent vaillamment malgré l’épuisement et le surnombre des ennemis. El Hadji Omar se réfugia dans les falaises de Bandiagara, sa fin fut mystérieuse.
Cheikh Omar constitue un élément dynamique de l’évolution historique de son époque. Il est ainsi entré dans l’histoire par la grande porte, et son nom évoquera toujours l’Islam, la Tidjaniya et le nationalisme.
S’il fut un chef militaire remarquable, sa dimension mystique et religieuse est indéniable. En effet, le combattant de la foi qui a reçu l’autorisation de faire la Jihad le 6 septembre 1852 en entendant une voix divine lui dire par trois fois :  » Tu es autorisé à faire la guerre sainte ! « . Il a eu plusieurs visions du prophète Mohamed à l’état de veille, il l’a montré à d’autres aussi. Il connaissait le Grand Nom de Dieu inconnu des hommes entre autres bienfaits de son seigneur.
De lui un manuscrit anonyme de Fès dit qu’il est capable de réécrire de mémoire tous les livres de la charia et des Hadiths du prophète. Hommage pouvait-il être plus vibrant ?
Enfin il a laissé des manuscrits et ouvert un important champ de recherches désigné sous le nom d’études omariennes.
D’après El Hadj Omar la perle du soudan , Samba DIENG
Muhamd al Hafiz : naquit au village de Bareyne situé à 120 Km du fleuve Sénégal, au Sud de la Mauritanie. Grand érudit de la de la tribu maure des idaw Ali, il étudia auprès d’ illustres maîtres de Chinguetti. C’est lors de son pèlerinage à la Mecque vers 1803, qu’il rencontra Ali Harazim Berrada disciple du Cheikh at Tidjani qui lui parla de son maître . Il se résolut alors à passer à Fez sur son chemin du retour. Il reçut de lui le titre de moqaddem chargé de diffuser la voie au Sud du Sahara . Il le diffusa en Mauritanie jusqu’aux rives du Sénégal. Son principal disciple Mawlud FALL initia El Hadji Omar à la Tidjaniya.
Mawlud FALL décéda en 1851 : grand moqaddem de la voie tidjaniya , il arriva à Fez quelques jours après la mort du fondateur de l’ordre qui lui laissa cependant un legs composé d’un tapis de prière, d’une bouilloire à ablution et d’un chapelet. Il fut l’un des premiers disciples de Muhamd al Hafiz , il conféra à El Hadji Omar le titre de moqaddem. 

Cheikh Hadi Tourè(1894 -1979)
Mouhamed Hadi Tourè est né dans une famille de lettrés. En effet, son père Cissa Touré a fréquenté le séminaire de Ndiarndé et du coté maternel, il est petit fils de Khali Madiakhaté Kala.
Après avoir étudié le Coran sous la férule du père, il quitte son village natal de Fass, fondé par son père pour suivre les cours d’El Hadj Malick SY à Tivaouane. Doté d’une intelligence vive et d’une mémoire prodigieuse, il ne tarda pas à assimiler auprès du doyen de l’Université de Tivaouane (Maodo) un grand nombre de disciplines: exégèse coranique, droit musulman, littérature arabe orientale comme hispano maghrébine, les mathématiques et l’astronomie.
Savant et professeur, Sérigne Hadi était aussi poète. Ses poèmes en wolof fort célèbres sont souvent chantés mélodieusement dans les veillées religieuses tidjanes qui ne connaît cet air :  » So yeboo baña waali lambu waa faas…  » ? Ce chantre du prophète Mohamed (PSL) et de son maître Cheikh Tidjani est l’auteur d e travaux en astronomie et en mathématiques réputés. Il a mis au point une horloge et établi un mode de calculs qui permettent de prévoir par exemple  » le jour de la Tabaski en l’an 2000″ ( comme il promettait de le dire au professeur Amar Samb de l’IFAN, en 1969). Ces ouvrages dans ce domaine peuvent être consultés à l’IFAN.
Soufi austère, son école avait une réputation de rigueur implacable. Il compte parmi ses disciples Aboul Aziz Dabakh à qui il a dédié un panégyrique en wolof, son diwan ( recueil de poèmes) est riche de cinquante huit pièces. Ce poète de talent excellait dans tous les domaines de la poésie, il a même écrit, pour rendre grâce à Dieu de ses bienfaits:  » Je compose ce que je veux en poésie sur n’importe quel mètre avec n’importe quelle rime. » Le coran dit bien au verste 11de la sourate XCIII :  » Du bienfait de ton Seigneur parle ! »

El Hadji Ahmed DEME
Né en 1895 , d’origine toucouleur est apparenté aux Mbacké de Touba , aux SY de Tivaouane et Ousmane Dan Fodio . Pour avoir sillonné le Fouta de long en large , il eut l’opportunité de fréquenter de grands maîtres et d’amasser des connaissances dans tous les domaines des sciences islamiques. Très tôt orphelin, sa mère,très fortunée, avait dépensé beaucoup ses études en lui achetant pas mal de livres. C’est un de ses maîtres Alpha Mouhammadou AW
qui lui transmit le wird. Ses études terminées, il revint s’installer à Sokone. C’est en 1922 qu’il fit le pèlerinage à La Mecque. Il a été investi moqaddem par Seydi Hadji Malick SY. Il a beaucoup écrit et dans les domaines aussi divers que la théologie, les traditions prophétiques, le mysticisme, la grammaire, les mathématiques, la philologie, la littérature. Cependant son ouvrage le plus célèbre est son Exégèse coranique composé pendant vingt ans en vingt volumes, son titre : Clarté des deux fleurs. 

MOUHAMED NIASS
Il est né à Kaolack en 1881, il fit ses études sous la direction de son père qui lui enseigna toutes les disciplines : Coran, exégèse, hadith, orthoépie (tajwid), théologie, mysticisme, philosophie, droit, logique, rhétorique…Imam simple et grand maître, il a enseigné toutes les disciplines religieuses et profanes. Expert dans la biographie du prophète, il a consacré 15 ouvrages en prose ou en vers à Mohamed ( PSL) et tout en un diwan à Cheikh Ahmed Tidjani. Parmi se écrits dédiés à l ‘Apôtre mir’a es safà ou Le miroir de la pureté édité en 1925 au Caire. Grand chantre du prophète, il est aussi l’un des plus grands panégyristes du fondateur du tidjanisme. Le recueil qu’il lui a consacré a été édité au Caire en 1955 et portant le titre de L’or rouge ou panégyrique sur le plus grands des poles .


IBRAHIMA NIASS
Cette merveille de son temps est né en 1901 à Taïba Niassène, il a étudié les sciences islamiques sous la direction de son père d’abord et de son frère Muhammad ensuite. Cette éminente personnalité exerça une autorité spirituelle telle qu’elle s’est imposée à l’attention des islamisants. La large audience dont il a joui dépasse largement les frontières nationales. Il compte des disciples en Mauritanie, au Soudan, au Ghana, au Nigeria… Ecrivain fécond et de talent, mais aussi et surtout théologien de combat, il a toujours pris sa plume chaque fois la Religion est attaquée. Envisage-t-on de déplacer le maqâm d’Ibrahim ? Ibrahima NIASSE prend position pour le maintien de cette station là où elle était. Le Président Bourguiba parle -t-il de réformer le Ramadan ? Il dénonce et bien d’autres fois encore.
Mettant l’accent sur l’instruction, il enseigna l’arabe, le Droit musulman, la théologie dans son Institut d’Etudes Islamiques de Médina Niassène et ouvrit un sillon dans la voie tidjani dénommé Tarbiya. Ses fonctions d’enseignant ne l’empêchaient pas d’être un marabout cultivateur. Parmi ses écrits on peut citer Taisir el wusul ila hadra er Rasul ou Moyen d’atteindre facilement l’Apôtre, Nujum el huda ou Les étoiles de la bonne direction. Il est décédé à Londres en 1975